Voici le poème en prose a cadence syllabique que j’ai rédigé pour feu Oumou Bah Sangaré.
J’ai imposé certaines virgules au texte pour guider le rythme principalement -mais pas
uniquement- octosyllabique. Cela n’a pas été possible partout donc je le joins d’un
enregistrement avec ma voix. Le second paragraphe ne contient pas le nom entier de la
défunte par souci de rythme. Prière de ne rien modifier, de respecter la construction des
paragraphes, la signature, et de me contacter au besoin. Bien à vous. Nathalie Barge
Eloge à Oumou Bah Sangaré, étoile filante immaculée
Flamme miroir, flamme exaltante. Femme d’espoir, femme battante. Oumou Bah
Sangaré, ton passage sur Terre est un acte exemplaire. Force du ciel, force
éternelle ; tu es l’essence maternelle, la quintessence universelle, de tout être épris
de justice, de toute femme victime d’injustice.
Combien de Oumou Sangaré nous faudra-t-il enterrer, pour que la chère humanité
veuille finalement les écouter, prêter l’oreille aux endeuillées, leur donner mille et
une raisons de murmurer la résonnance entre le corps inanimé et le silence qu’il
inspire?
Car oui Oumou tu as bien dit, et tu avais beaucoup à dire, dans un monde qui se
cherche encore, là ou toi tu avais trouvé, là où tu voulais nous guider. Certains
t’ont prise par la main, d’autres t’ont barré le chemin ; toi tu as ouvert grand la
porte, pour que toute femme se prenne en charge, emprunte la pente escarpée, qui
certes nous fait bien suer.
Mais qu’est la sueur d’une pionnière, s’évertuant à avancer, parmi nos armées
d’âmes en pleurs, qui grâce à toi se sont dressées, et ont adhéré à ta cause,
comme l’enfant reconnait sa mère, lorsqu’il s’éveille d’un long sommeil, en
cherchant l’être salvateur?
Oumou, tu nous a enseigné, que la femme est maitresse de loi, et que ses droits
sont incarnés au plus profond de nos ainées. Ta résilience est un exemple, et toutes
en cœur nous t’emmènerons au panthéon des résistances, celui qui sait la vraie
noblesse du féminisme accompli, celui qui ne fâche personne, celui qui uni les
esprits, même les plus déterminés.
Femme militante, femme enseignante, merci pour ta persévérance, ton amour de
l’être accompli, qui t’a rendue patronne des anges, mère de chaque petit malien,
filles et garçons de ton pays, qui aujourd’hui, après hier, qui maintenant, avant
demain, se doit d’inscrire un nouveau nom, le nom d’Oumou Bah Sangaré, aux
confins des pages de l’histoire. Une histoire déjà commencée, une belle histoire à
raconter, afin de la perpétuer. Alors, à vous les historiens! A vos plumes, vous êtes
appelés, pour graver le nom d’une dame, qui n’est certes pas inconnue.
Salut Oumou, merci pour tout. Nous n’allons jamais te quitter. Avec nous, tu
demeureras. Et un jour, on te rejoindra.
Nathalie Barge, le 31 mars 2026
